
Dans une auberge dans laquelle, fourbu, vous avez fait étape au cours de votre périple, vous avez entendu parler d’une fabuleuse tour, au cœur d’une lointaine forêt. Nul ne sait qui l’a construite, mais l’on spécule qu’elle renferme un fabuleux trésor sur lequel jamais personne n’a mis la main. Ne témoignent que les voix pleine d’effroi des rares téméraires qui, après y avoir pénétré, en sont ressortis vivants, de la garde du trésor : des hommes qui ont cessé d’être des hommes, des âmes damnées depuis des centenaires. Voilà un défi à votre hauteur, qui vous vaudra si vous triomphez d’être chanté par les bardes jusqu’à la fin des temps.
Dès le lendemain, sur les indications que l’on vous a donné, moyennant une poignée de pièces d’argent, vous vous mettez en route. Le voyage est long, mais dépourvu d’incidents notables. Tant mieux : vous n’ignorez pas que vous aurez besoin de toutes vos forces pour venir à bout de cette aventure. Après une semaine de chevauchée, vous apercevez une sombre et dense forêt. Vous attachez votre monture non loin - le sentier ne paraissant guère praticable pour une bête de son gabarit - et vous vous enfoncez dans l’obscurité, avec la pensée que vous ne reverrez peut-être plus jamais la lumière du jour. Allons bon ! Semblable crainte n’est pas digne du héros que vous êtes ! Vous continuez à avancer, difficilement, parmi les branches qui vous fouettent le visage et les racines qui tentent des crocs-en-jambes - comme si la forêt elle-même...
Puis, soudain, débouchant sur une clairière devant vous annoncée par quelques arbres morts et esseulés, la tour ! La tour maudite au trésor légendaire ! Bientôt vous arrivez devant sa porte imposante. « Dirige tes pas non en arrière, mais en avant ! », voilà le seul mot d’ordre que suit tout aventurier véritable : si vous entrez, coûte que coûte, il vous faudra avancer, sans jamais rebrousser chemin. S’il faut abandonner, ce sera donc maintenant.
